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Nouvelle sélection de Dessins Anciens
Exposition du 14 au 21 mai 2022
Henri-Pierre Danloux (1759-1809)
La Surprise agréable
Pierre noire et lavis gris
435 X 353 mm

Provenance :
Collection privée, Suisse

Notre dessin est une reprise du tableau Jeune femme assise sur un sofa et lisant une lettre avec beaucoup d’intérêt ; un jeune homme placé derrière elle, tâche de deviner, sans qu’elle s’en doute, quel en est le sujet ?, présenté par Danloux au Salon de 1782. Ce tableau fut gravé en 1789 sous le titre plus concis de La Surprise agréable. C'est à cette période que nous pouvons dater notre dessin qui est préparatoire à l'eau-forte. Le graveur, Pieter Hendrik Jonxis (Utrecht, 1757 – id., 1843) interprète avec beaucoup d'attention le dessin mais quelques différences subsistent, par exemple la rosace de la guitare et le dévoilement des seins de la jeune femme. La finesse d’exécution du dessin et la représentation d’une scène de genre sensuelle font de notre feuille un exemple unique dans l’œuvre graphique de Danloux.
Eugène Delacroix (1798-1863)
Portrait de Pauline Villot en marocaine
Plume, encre brune
175 x 127 mm

Provenance :
Cachet de l’atelier (L. 838a)
Marque de collection WD (pas dans Lugt)

Les traits du modèle et la technique de notre portrait peuvent être mis en relation avec un dessin conservé à la Morgan Library & Museum à New-York, qui représente Pauline Villot (Paris, 1812 – id., 1875) en costume d’algérienne . Dessinatrice, elle était l’épouse de Frédéric Villot (Liège, 1809 – Paris, 1875), graveur et ami intime de Delacroix.

Les lettres et le journal de Delacroix soulignent un rapport affectueux avec Pauline Villot, loin du comportement donjuanesque — pour ne pas dire misogyne — habituellement donné au peintre. Delacroix était amoureux de Pauline et, s’il n’existe à ce jour aucune preuve d’une liaison, le sentiment était vraisemblablement partagé. En effet, Pauline Villot a croqué à son tour Delacroix en costume marocain, avec la signature « Pauline » inscrite à la place du cœur de son modèle. Ces portraits, dont notre dessin, peuvent alors être perçus comme un jeu entre amants, où l’attrait pour l’Orient et un exotisme à la mode travestissent une passion secrète dont l’intérêt occupait une place non négligeable dans l’œuvre du peintre, et sans nul doute dans son cœur.
Francesco Monti (1685-1768)
Marsyas d’après la sculpture de Pierre Le Gros
Sanguine, craie blanche sur papier préparé jaune
495 x 304 mm

Francesco Monti est un dessinateur prolifique. L’artiste se distingue par l’utilisation régulière de papiers colorés, préparés ou non, et d’une craie blanche posée d’un trait très fin et vibrant, donnant un effet cristallin aux impressions de lumière. Si Monti dessine principalement à la pierre noire, voir au fusain, il a également recours à la sanguine. Trois autres dessins exécutés à la sanguine et à la craie blanche sur un papier préparé jaune sont connus : L’Immaculée Conception et Jésus chassant les marchands du temple, tous deux à l’Académie de Carrare, ainsi que Caïn et Abel en collection particulière. Les dessins de Monti se distinguent par leur expressivité exacerbée, quasi violente.

Notre dessin est une étude faite d’après un exemplaire de la sculpture Marsyas de Pierre Le Gros (1666-1719). Cette sculpture fut très appréciée dès le début du XVIIIème siècle. Des exemplaires se trouvaient en Angleterre, en France et en Italie du Nord. La sculpture semble avoir été exécutée autour de 1715 .

Johann Heinrich Schönfeld (1609-1682)
Vénus et Adonis
Plume et encre brune, lavis brun
210 x 321 mm
Inscription au verso à la plume et encre brune : Ex Coll. H. Homat Jeod : / Jean Rotterhamer

Provenance :
Collection privée, Italie

Le présent dessin Vénus et Adonis doit être rattaché aux premières années de travail du grand artiste baroque allemand Johann Heinrich Schönfeld. L’œuvre est caractéristique de la production graphique de l’artiste avant son départ pour l’Italie en 1630. Elle peut être rapprochée de deux dessins connus de cette période : Vénus et l’Amour de la Graphishe Sammlung d’Augsburg dans laquelle la tête de l’Amour semble être symétriquement identique à celle de notre dessin ; Un Dieu Fleuve de La Graphishe Sammlung de Stuttgart dans lequel les hachures lâches et intenses sont similaires à celles de notre feuille. Ces deux dessins, datés de 1629, permettent de situer l’exécution de notre feuille à la même date.

Ses premiers dessins de Schönefeld présentent des caractéristiques communes : les personnages aux proportions allongées sont d’une grande sensualité et la plume contourne avec un trait précis les éléments de la composition. Ces dessins témoignent de l’intérêt du jeune Schönfeld pour les artistes maniéristes de l’école de Prague et de Haarlem, tel que Joseph Heintz, Bartolomeüs Spranger et Hendrick Goltzius.
NATHALIE MOTTE MASSELINK