skip to Main Content
Jérôme François Chantereau (1710 - 1757)
Étude d'un soldat debout
Pierre noire et sanguine
251 x 122 mm
Inscription à la plume et encre brune en bas à droite: Le nain f.
Inscription au verso à la plume et encre brune en haut au centre: noir sur papier bistré

Longtemps considéré comme un petit maître travaillant dans le style d’Antoine Watteau, Jérôme-François Chantereau est aujourd’hui apprécié au travers d’une quarantaine de dessins. Le Musée National de Stockholm et le musée du Louvre conservent chacun une dizaine de feuilles. Les dessins de l’artiste se caractérisent par l’utilisation de la technique des deux ou trois crayons, souvent estompés pour adoucir les contours, et aussi du pastel. Ses études de figures décrivent le plus souvent des paysans, des soldats, des mendiants et traduisent son intérêt pour les sujets de la vie quotidienne.
Charles Joseph Natoire (1700 - 1777)
Paysage avec ruines, personnages et animaux
Pierre noire, plume et encre brune, lavis brun, rehauts de blanc sur papier bleu
236 x 355 mm
Inscrit à la plume et encre brune en bas à droite : C. Natoire 1758

Provenance : Jean Masson (L.1494a) ; sa première vente Paris 7-8 mai 1923, lot 157 ; vente Versailles 3 février 1963 ; Solange et Georges Delauney ; Jean-Claude Delauney

Bibliographie :
S. Boyer, Catalogue raisonné de l’œuvre de Charles Natoire, peintre du roi , Archive de l’Art Français, tome XXI, 1949, p. 31 – 107, n° 645
S. Caviglia-Brunel, Charles-Joseph Natoire, Arthena 2012, p.181, n° D36
Philibert -Benoît de La Rue (1718 - 1780)
Étude de la tête d'un cheval
Pierre noire, estompe et craie blanche
462 x 296 mm

Le peintre Philibert-Benoît de la Rue s'est spécialisé dans les scènes de bataille et les sujets équestres. Il travaille dans l'atelier de François Boucher pour lequel il exécute des animaux, et en particulier les chevaux. Il étudie également auprès de Charles Parrocel. Dessinée devant un modèle vivant, cette étude de tête de cheval fut très probablement exécutée aux Grandes Écuries de Versailles où l'artiste reçut l'autorisation d'y dessiner les chevaux en 1751 et 1753.
Joseph-François-Pierre-Ignace Parrocel (1704-1781)
Trois femmes au bain (Diane et Callisto?)
Pierre noire et rehauts de blanc sur papier gris-bleu
304 x 373 mm


Simon Mathurin Lantara (1729-1778)
Paysage
Pierre noire et craie blanche sur un papier brun
314 x 446 mm
Signé: Lantara

Simon Lantara est connu dès le XVIIIème siècle pour ses paysages dessinés et peints dans des perspectives atmosphériques douces et délicates. Ses scènes nocturnes où de subtils contre-jour tamisent les éléments du paysage sont particulièrement appréciées. La carrière de l’artiste est assez discrète : il ne participe que deux fois au Salon de la Correspondance et ne devient jamais membre de l’Académie Royale. Cependant, Lantara connaît une grande notoriété au 19ème siècle, en partie dû au succès d’une pièce de Vaudeville mise en scène en 1810 et dont il est le héros.

Notre dessin est un très bel exemple des paysages nocturnes de Simon Lantara. L’artiste intègre des éléments iconographiques récurrents dans son œuvre : la rivière, les rochers, le bosquet d’arbres ou encore la colline sur laquelle est posé un monument. La lune disperse une douce lumière sur l’ensemble de la composition. Notre dessin se distingue par ses grandes dimensions.
Augustin de Saint-Aubin (1736-1807)
Deux jeunes femmes à leur toilette
Pierre noire
179 x 90 mm

Provenance :
Collection privée, France

Notre dessin fait partie d’un ensemble de feuilles représentant des femmes dans leur univers intime. Tous ces dessins semblent provenir d’un même carnet, très probablement exécuté entre 1780 et 1785. Quelques feuilles sont annotées avec le nom et l’adresse du modèle, et parfois aussi avec des remarques sur le modèle même. Parmi les autres dessins connus de ce carnet, nous pouvons mentionner les sept feuilles vendues chez Sotheby’s le 20 août 1967 (lots 162 – 168) dont deux se trouvent aujourd’hui au Nationalmuseum de Stockholm (inv. n° NM275/1968, inv. n° 276/1968), un croquis au Fitzwilliam Museum de Cambridge (inv. n° PD 102-1961), et un dessin représentant une Femme tenant un livre aujourd’hui au Fine Arts Museum de San Francisco (inv . n° 1967.17.112).
Jacques Gamelin (1738-1803)
Le Sacrifice de Polyxène
Plume et encre noire, lavis gris, gouache blanche sur un papier préparé bleu
425 x 581 mm
Inscription sur le montage : gamelin

Provenance :
B. Wolff, Danemark (L. 420)

En plus des chocs de cavalerie, Gamelin réalise de nombreux dessins inspirés de la mythologie ou de la littérature antique. Notre dessin Le Sacrifice de Polyxène décrit un épisode mythologique dans lequel Polyxène, la fille du roi troyen Priam, est immolée par les Grecs sur le tombeau d'Achille qu'elle aimait et qui mourut avant elle de la main de Pâris. D’autres dessins de Gamelin sur la guerre de Troie sont aujourd’hui connus : Hector au palais de Paris et Hélène, et Achille, Antilochus et les servantes pleurant la mort de Patrocle. Ces deux dessins se trouvaient tous deux à la galerie Heim à Londres en 1975. Il est intéressant de noter que deux figures, celle de la servante à l’arrière-plan du dessin Hector au palais de Paris et Hélène, et celle de la femme éplorée assise sur le sol au deuxième plan de la feuille d'Achille, présentent des poses similaires à celles de Polyxène et de de la femme assise sur le sol au premier plan de notre feuille.
Louis Rolland Trinquesse (1745-1800)
Femme nue allongée sur un nuage
Sanguine
445 x 595 mm

Provenance :
Collection privée, Paris

Trinquesse est connu pour ses dessins à la sanguine mettant en scène des femmes élégantes occupées par leurs activités quotidiennes. Les figures nues de Trinquesse sont plus rares. Elles peuvent être divisées en deux groupes: celles exécutées à la pierre noire, et celles exécutées à la sanguine auquel appartient le présent dessin. Par comparaison, nous pouvons mentionner l’Académie d’homme assis tenant une massue conservée à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris : le corps est contourné par un trait appuyé et les ombres portées par une suite régulière de traits parallèles.

Les femmes n’étant pas autorisées à poser à l’Académie au XVIIIème siècle, cette étude a très probablement été exécutée dans l’atelier même de Trinquesse. L’artiste devait connaître la jeune femme de façon intime pour la faire poser d’une manière si osée et exubérante. Un autre dessin de Trinquesse Femme nue assise lisant met en scène la même jeune femme dans une atmosphère similaire. Enfin, Trinquesse réalise avec une sensualité comparable une estampe intitulée La sortie du bain conservée au British Museum.
Louis Chaÿs ou Chaix (1740-1810)
Promeneur sous les arcades à Cotignac
Contre-épreuve à la pierre noire
466 x 325 mm
Inscription à la plume et encre brune en bas à gauche sur le montage : L. chaix f. 1781

Provenance :
Alfred Normand (L.153c)

Peintre et dessinateur originaire d’Aubagne, Louis Chaix partage sa carrière entre Marseille et Paris. Grâce à son mécène Joseph Borely, Chaix séjourne à Rome de 1771 à 1777. Il y rencontre les pensionnaires de l’Académie de France avec lesquels il dessine dans la nature sur le motif. Chaix exécute ainsi de grands dessins de paysages à la pierre noire et parfois à la sanguine, qui témoignent aujourd’hui de son intérêt pour les monuments antiques en ruine. Chaix continue de dessiner des paysages après son retour en France comme en témoigne ici notre contre-épreuve représentant les vieilles arcades à Cotignac. Le dessin original qui a servi à l’exécution de cette contre-épreuve est connu par une photographie mais est aujourd’hui non localisé (voir documentation de la galerie).
Henri-Pierre Danloux (1759-1809)
La Surprise agréable
Pierre noire et lavis gris
435 X 353 mm

Provenance :
Collection privée, Suisse

Notre dessin est une reprise du tableau Jeune femme assise sur un sofa et lisant une lettre avec beaucoup d’intérêt ; un jeune homme placé derrière elle, tâche de deviner, sans qu’elle s’en doute, quel en est le sujet ?, présenté par Danloux au Salon de 1782. Ce tableau fut gravé en 1789 sous le titre plus concis de La Surprise agréable. C'est à cette période que nous pouvons dater notre dessin qui est préparatoire à l'eau-forte. Le graveur, Pieter Hendrik Jonxis (Utrecht, 1757 – id., 1843) interprète avec beaucoup d'attention le dessin mais quelques différences subsistent, par exemple la rosace de la guitare et le dévoilement des seins de la jeune femme. La finesse d’exécution du dessin et la représentation d’une scène de genre sensuelle font de notre feuille un exemple unique dans l’œuvre graphique de Danloux.
Eugène Delacroix (1798-1863)
Portrait de Pauline Villot en marocaine
Plume, encre brune
175 x 127 mm

Provenance :
Cachet de l’atelier (L. 838a)
Marque de collection WD (pas dans Lugt)

Les traits du modèle et la technique de notre portrait peuvent être mis en relation avec un dessin conservé à la Morgan Library & Museum à New-York, qui représente Pauline Villot (Paris, 1812 – id., 1875) en costume d’algérienne . Dessinatrice, elle était l’épouse de Frédéric Villot (Liège, 1809 – Paris, 1875), graveur et ami intime de Delacroix.

Les lettres et le journal de Delacroix soulignent un rapport affectueux avec Pauline Villot, loin du comportement donjuanesque — pour ne pas dire misogyne — habituellement donné au peintre. Delacroix était amoureux de Pauline et, s’il n’existe à ce jour aucune preuve d’une liaison, le sentiment était vraisemblablement partagé. En effet, Pauline Villot a croqué à son tour Delacroix en costume marocain, avec la signature « Pauline » inscrite à la place du cœur de son modèle. Ces portraits, dont notre dessin, peuvent alors être perçus comme un jeu entre amants, où l’attrait pour l’Orient et un exotisme à la mode travestissent une passion secrète dont l’intérêt occupait une place non négligeable dans l’œuvre du peintre, et sans nul doute dans son cœur.
Théodore Géricault (1791 - 1824)
Choc de Cavalerie: combat de hussards et de mamelouks pendant la campagne d'Égypte
Aquarelle, plume et encre brune, graphite
131 x 163 mm

Provenance : Collection privée, France

Bibliographie :
Bruno Chenique, Citoyens du Monde. Noirs et Orientaux de Géricault, Paris, 2020, p. 228, fig. 127, ill.

Le présent dessin est une récente découverte qui vient enrichir le corpus graphique de Théodore Géricault. L’artiste aborde plusieurs fois au cours de sa carrière la problématique de la campagne d’Égypte, expédition militaire menée par le général Bonaparte entre 1798 et 1801 pour s’emparer du pays.

L’exécution du dessin peut être située vers 1822-1823, juste après le retour de Londres de Géricault. Forcé à l’alitement à cause d’une sciatique, l’artiste exécute des aquarelles au cours de sa convalescence. Comme l’écrit Germain Bazin : “La production la plus importante et la meilleure sans doute de Géricault en cette ultime période est l’aquarelle. […]. Ces aquarelles sont admirables ; […] sa peinture à l’eau devient d’une limpidité, d’une pureté remarquable. C’est là sans doute ce qu’il a gagné de son contact avec l’École Anglaise .“
Emile Jean Horace Vernet (1789 - 1863)
Le Manteau de Joseph
Graphite
verso: Etudes d'une veste, du buste d'un homme au bras tendu et de la partie inférieure du corps d'un homme vu de dos
Graphie
360 x 260 mm

Provenance: Succession de Horace Vernet; vente Paris, Hôtel Drouot, Etude Couturier Nicolay, 27 April 1994, lot 139

Le présent dessin est préparatoire au tableau de l’artiste Le Manteau de Joseph exécuté en 1853 et aujourd’hui à la Wallace Collection de Londres. Vernet cherche sa composition avec une main très libre et fluide.

L’histoire du manteau de Joseph est tirée de l’Ancien Testament. Joseph, fils préféré de Jacob, est vendu par ses frères à des marchands Médianites. Dans ce dessin, Vernet représente Juda, l’aîné des frères, debout en train de tacher le manteau de Joseph avec le sang d’un chevreau juste tué. Il pourra ainsi prouver à son père la mort de Joseph.
Pierre Luc Charles Cicéri (1782-1868)
Projet pour un décor d’opéra
Aquarelle sur traits de crayon
248 x 344 mm

Provenance
Appleby Brothers, Londres ; Collection privée, Écosse ; Collection privée, USA

Pierre Luc Charles Cicéri est sans doute le plus grand peintre de décors d’opéras et de scènes de théâtres actif en France dans la première moitié du XIXème siècle. Son talent lui permet de devenir en 1818 décorateur en chef de l’opéra de Paris, poste qu’il occupe pendant trente-deux ans. L'artiste va créer plus de 300 décors au cours de sa carrière. Sa collaboration avec Louis-Jacques Daguerre, particulièrement ingénieux dans l’utilisation du diorama et du cyclorama, apporte une créativité éblouissante à ses mises en scène. Notre dessin est préparatoire au décor de l’opéra Les Martyrs présenté en 1840. Les autres projets de décors connus pour cet opéra figurent des éléments décoratifs similaires. Le mouvement, la fougue et l’expressivité du dessin témoignent de la maturité stylistique de Cicéri.
Henri Lehmann (1814-1882)
L’Adoration du Christ
Crayon noir, lavis brun, gouache blanche
267 x 145 mm, de forme cintrée

Provenance :
Louis-Antoine et Véronique Prat (L.3617) ;
Galerie Paul Prouté, Paris ;
Collection privée, France ;

Notre dessin L’Adoration du Christ est préparatoire au tableau exécuté par l’artiste pour la chapelle de la Compassion de l’église Saint-Louis-en-l’Île à Paris en 1850. Deux autres tableaux de l’artiste ornent cette chapelle : La Vierge au pied de la croix présenté au Salon de 1848 et L’Assomption de la Vierge présenté au Salon de 1850. Quelques modifications existent entre notre esquisse et le tableau : l’artiste supprime l’enfant soulevé par la femme à gauche et modifie la position des deux figures du premier plan.
Alexandre Gabriel Decamps (1803 - 1860)
La Mort et le bûcheron
Fusain, craie blanche, crayon rose
247 x 196 mm
signé en bas à gauche : DECAMPS

Provenance : Collection privée, Paris

Decamps est admiré pour la réalisation technique de ses tableaux et dessins, exécutés en mélangeant les différents médiums de façon innovante et sophistiquée. L’artiste pouvait travailler plusieurs fois le même sujet dans des techniques variées. Au XIXème siècle, on parle des “cuisines de Mr. Decamps“. Le sujet La Mort et le bûcheron est directement emprunté à la fable de Jean de la Fontaine : un bûcheron, épuisé par sa vie pénible et son travail, appelle la mort pour le délivrer de ses souffrances.
Jean-François Millet (1814 - 1875)
Agar
Fusain sur papier bleu, mise aux carreaux à la pierre noire
220 x 435 mm
verso : Un marchand d’art visitant un peintre, sa famille visible à l’arrière-plan; l’étude d’une mère et ses enfants devant une carriole avec un cochet
Fusain sur papier bleu

Provenance : Vente anonyme, Paris, Binoche Renaud-Giquello & Associés, 30 mars 2012, n°37 ;
Collection Aristophil

Notre dessin est préparatoire à la figure d’Agar peinte par Millet dans son tableau Agar et Ismaël conservé au musée Mesdag à la Haye. Commandé en 1848 par le gouvernement français, le tableau ne fut jamais terminé, probablement à cause du départ de Millet pour Barbizon.

Ici, l’artiste illustre un texte de la Genèse. Chassée par Abraham après que Sarah eut enfanté, Agar se retrouve seule dans le désert avec son fils Ismaël. Millet choisit d’illustrer le moment le plus tragique de l’histoire, celui où Agar se détourne de son enfant, incapable de supporter la douleur de le voir mourir de faim. Dans le dessin, comme dans le tableau, l’attention portée aux expressions permet de véhiculer l’essence même de l’histoire, c’est à dire la souffrance humaine. Exécuté à la noirceur du fusain, la figure d’Agar, laide, creusée et déformée, exprime son désespoir. Le réalisme de Millet s’impose ici et préfigure l’œuvre d’artistes du XXème siècle comme Käthe Kollwitz.
Charles-François Daubigny (1817-1878)
Chemin de Halage, les Bords de l’Oise
Fusain
354 x 640 mm
Estampillé avec la marque de la succession Daubigny à l'encre rouge en bas à droite (L. 518)

Le présent grand dessin est préparatoire au tableau Chemin de Halage, Les Bords de l'Oise conservé au Musée Mesdag, La Haye. Le tableau est daté d'environ 1875 et le dessin pourrait avoir été exécuté en même temps. Daubigny a maintes fois traité l'Oise au cours de sa carrière, revenant sans cesse sur ses eaux et ses berges à la recherche de motifs. En 1857, il parcourt la rivière dans la barque de Jules Breton, s'amarrant partout où il trouve des sujets. Le présent dessin, où l'on voit le paysage depuis la rive du fleuve, apparaît comme une sorte d'étude en perspective atmosphérique. Le dessin se concentre sur les formes des arbres et la route qui s'éloigne au loin. Les chevaux clairement visibles dans la peinture ne sont qu’évoqués dans le dessin de façon abrégée et rapide ; la barque est juste reconnaissable par les faibles lignes verticales indiquant le mât. La manipulation vigoureuse mais lâche du fusain donne à cette scène calme une énergie graphique.
NATHALIE MOTTE MASSELINK